Héros et victimes

Hier, j'ai revu Joseph et Françoise. Ah, ça faisait longtemps ! Merci à Fred et Anne !
C'est toujours étrange de retrouver des amis que l'on n'a pas vu depuis 5 à 10 ans et d'avoir l'impression que l'on a pris un café ensemble la semaine dernière.


Bien sûr, il y a internet qui permet d'échanger, de discuter avec un grand homme. Mais qu'il est agréable de refaire le monde, de s'imaginer ministre de l'éducation nationale de mettre des "si" autour d'une bouteille (à défaut de mettre Paris en bouteille), avec une boîte à meuh comme arbitre.

Je n'ai pas l'intention de reproduire nos échanges ici, et encore moins sur facebook. J'aimerai simplement montrer le beau cadeau offert par Joseph :
Voilà un extrait du discours du Colonel Oldra lorsqu'il remis la légion d'honneur à Joseph Sigward le 16 septembre 1995..
Le 26 août 1944, vous participez à la réception d'un dernier parachutage de quarante containers puis, rejoignant les troupes du débarquement en Provence, vous décidez de vous engager dans les rangs de la 4ème Brigade Coloniale de la Ière D.F.L. et le 3 septembre, imitant ainsi votre père qui avait servi comme marsouin au 52ème mitrailleurs indochinois du 6ème colonial, vous devenez le tirailleur voltigeur - numéro matricule 3122 - d'un bataillon de marche.
Avec votre unité, vous poursuivez l'avance victorieuse de l'armée de libération mais, le 16 octobre 1944, vous êtes pris sous le feu direct d'un 88 automoteur à Moffans-Vacheresse en Haute-Saône. Vous êtes «blasté », criblé de micro éclats et, peut-on le dire sans effroi, vous recevez au visage la matière cervicale d'un tirailleur déchiqueté près de vous. Bien que gravement atteint, mais valide, vous refusez d'être évacué. Vous craigniez plus l'hosto que l'ennemi...
Vous êtes cité une première fois devant Belfort. En janvier 1945, vous participez à la bataille d'Alsace et vous obtenez une deuxième citation.
Le 8 mai 1945, jour de la victoire, vous vous trouvez à Cunéo, au nord de l'Italie, où la Ière D.F.L. avait été chargée de venir mettre de l'ordre.
Vous n'aurez vingt ans que quinze jours plus tard !
Telle a été votre adolescence. Telles sont les actions qui vous méritent aujourd'hui notre plus prestigieuse décoration
Lorsque Joseph parle des tirailleurs Sénégalais (qui n'étaient pas Sénégalais, mais Coulibaly ou Saras Madjingaye), je comprends mieux sa remarque à propos de notre monde qui considère les victimes de la seconde guerre mondiale comme des héros. 

Les vrais héros sont discrets, c'est sans doute à cela qu'on les reconnait ! Ils s'indignent aussi, mais qui les écoute ?

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