Lettre au principal

 Ce même jour, j'ai écrit au principal du collège, un peu par ras le bol... Je regrette de ne pas avoir demandé de dérogation l'année dernière. J'ai cru au discours du proviseur dans l'école primaire, au service public, au potentiel des Ulis. Je n'ai pas cru ceux qui critiquaient le niveau du collège et insistaient sur sa mauvaise réputation.

Voilà quelques extraits de la lettre envoyée ce jour :



Plusieurs professionnels travaillant avec votre collège m'ont conseillé de changer ma fille d'établissement. Je souhaite qu'une réunion soit organisée rapidement afin de savoir si elle peut continuer à aller dans le collège de son quartier où les droits suivants -inscrits dans le règlement intérieur- soient respectés :
  • droit de vivre dans un collège garantissant ma sécurité
  • droit d'être secourue si je suis victime d'un malaise ou d'un accident
  • droit d'avoir des cours correspondant aux programmes de l'éducation nationale

Sécurité :

Elle ne se sent pas en sécurité au sein de votre établissement. Des postes ont été supprimés à la vie scolaire, et j'ai l'impression que vous n'êtes plus en mesure de savoir combien d'enfants sont à l'intérieur de votre établissement à un instant donné, ni si les absences sont justifiées ou non. Après plusieurs jours d'absence, ma fille est retournée au collège le jeudi 28 février après-midi. Les assistants pédagogiques présents ce jour-là lui ont interdit d'aller porter son bulletin d'absence à la vie scolaire.
Au mois de janvier, elle s'est retrouvée enfermée dans les toilettes à 8h30. Elle s'en est sortie en utilisant ses ciseaux pour démonter la serrure. Depuis, la situation ne semble pas s'être améliorée, un incident similaire s'étant produit jeudi dernier.

Je me suis renseignée, et dans tous les collèges environnants, les enfants ont la possibilité de s'abriter en cas d'intempérie ou de gel. Or, le 5 mars dernier à 10h45, vous les avez obligés à rester dehors sous la pluie (le parapluie étant interdit pour des raisons de sécurité).

L'ouverture d'une salle de permanence ou de tout autre espace intérieur pour les enfants désirant rester au calme pendant les pauses pourrait vous permettre de les protéger contre toute violence, ce qui ne semble pas être le cas actuellement. Je suis consciente que cela impliquerait du personnel supplémentaire, mais ce serait sans doute plus gratifiant pour les surveillants que de pousser quelques 400 adolescents dehors quelque soit la météo.

Vous m'avez expliqué que vous ne pouviez laisser les élèves à l'intérieur de peur qu'ils ne vident les extincteurs, comme cela est déjà arrivé. Je dois reconnaître que de tels propos contribuent à renforcer cette impression d'insécurité. J'ose espérer que les coupables de tels actes ne sont plus dans votre établissement ou ont été sanctionnés de manière à éviter qu'ils récidivent.

Droit d'être secourue

Ce même jour, le 14 février, un incident s'est produit vers 13h45 à la cantine. Il n'y avait aucun surveillant à la cantine. Ma fille et une de ses camarades sont donc allées chercher de l'aide. Les bureaux des CPE étaient fermés. Elles ont croisé deux professeurs qui ont minimisé l'agression. Finalement, ce n'est qu'au CDI où elles ont pu être aidées et obtenir un nouveau plateau. Vous avez précisé que vous mangiez dans la salle à côté, mais apparemment, les élèves ont interdiction d'y aller.

A deux reprises, j'ai récupéré ma fille, victime de vomissements à la vie scolaire, car les infirmières étaient absentes ou en réunion. Le droit de se rendre à l'infirmerie figure pourtant dans le règlement intérieur.

Elle a été victime de harcèlement au premier trimestre. La réaction rapide de l'équipe pédagogique a permis de résoudre ce problème. L'infirmière de votre établissement a conseillé un suivi par le point écoute accueil jeunes (PAEJ) des Ulis. Le professionnel qui a écouté ma fille de manière régulière pendant près de trois mois nous a expliqué que dans un groupe « sain », il y avait des conflits, mais qui tournaient. Ce n'est pas le cas à Aimé Césaire. Il nous a vivement conseillé de rechercher un autre établissement où sa santé ne serait pas mise en danger.

Cours correspondant aux programmes de l'éducation nationale :

En Anglais, alors que le second trimestre se termine, ils en sont à la page 38 du manuel « Enjoy English » qui en comporte 116. Elle m'explique qu'une quinzaine de minutes sont « perdues » dans chaque heure de cours pour des problèmes de discipline. Je vous félicite pour votre combat pour redorer l'image du collège Aimé Césaire sur les Ulis, mais ce n'est pas en fournissant un contenu en-dessous de ce qui est exigé par l'éducation nationale que vous éviterez que les bons élèves de CM2 demandent des dérogations. J'avoue avoir été séduite par la perspective de classes européennes en quatrième, mais je ne vois pas comment cela serait possible vu qu'après deux trimestres, les sixièmes en sont à peine au tiers du programme.

Le CIO des Ulis m'a informée oralement que les professeurs d'Aimé Césaire avaient le droit de réduire le contenu des cours et de gonfler les notes, en m'encourageant vivement à rechercher un autre établissement dans lequel ma fille s'épanouirait.

La sécurité, la santé, l'éducation sont des droits importants pour tout enfant. Je suis d'accord sur le fait qu'il puisse y avoir des dysfonctionnements et que certains ne sont pas de votre ressort mais de celui du DASEN. Le fait que les conflits demeurent malgré le temps m'inquiète beaucoup. Je souhaite donc vous rencontrer, ainsi que l'équipe pédagogique pour savoir quelles solutions peuvent être envisagées.

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