De SETI@HOME à #OpParis

Quand j'ai lu l'appel d'Alain Fuch, président du CNRS à la communauté scientifique suite aux attentats, j'ai pensé à BOINC, SETI@HOME. Rechercher un signal extraterrestre dans les masses de données reçues par le radiotélescope d'Arecibo, n'est-ce pas un peu comme rechercher un signal djihadiste dans les masses d'information que l'on trouve sur internet ? Ma réflexion avait débuté avec le billet Etat d'urgence, où je soulevais la difficulté de traduire automatiquement un texte en arabe écrit sous forme d'image.

Ce matin, je suis allée aux Ulis à un cours de chinois. Nous avons tous passé et réussi l'examen HSK 2, qui prouve que l'on connaissait 300 mots il y a 2 ans. Pendant près d'une heure, nous avons étudié ce dessin de  Johan Sfar et sa traduction en chinois.




Cette traduction a quelque chose de poétique, de profond, que n'a pas le texte original. Mot à mot, la première préposition serait "Quand on est dans un pays ancien nommé France". On s'installe, on plante le décor. La seconde partie "Il est possible pour ceux qui s'aiment de s'embrasser librement".
Traduire les mots nous a pris cinq bonnes minutes.
La difficulté était plutôt dans la tournure grammaticale, avec ce "Zai" en début de phrase, seule façon de traduire le "où". Disons, que cela nous a pris dix minutes. Cependant, un ordinateur n'aurait jamais traduit cela de manière aussi poétique, il ne serait jamais passé automatique de la version de Johan Sfar à la version chinoise et vis-versa. Le reste du temps, nous l'avons passé dirais-je à papoter par exemple du fait que l'on ne s'embrassait pas dans les rues, ou que la surveillance était partout, comme on a du mal à l'imaginer ici.

Comprendre une autre culture demande du temps et surtout des humains, un peu comme les 3 millions d'utilisateurs de BOINC. Cependant, il s'agit vraiment de crowdsourcing, c'est-à-dire de science participative. Si la technique demande peu de temps (15 minutes pour traduire), la recherche est plus exigeante (45 minutes pour comprendre cette traduction dans son contexte culturel).


Les anonymous ont lancé l'opération #OpParis. Il s'agit dans un premier temps de traquer les comptes de Daesh, et dans un second temps de les signaler à twitter.


Cela peut s'apparenter à quelque chose de très automatique... mais... cela peut prendre plus de temps... à suivre...

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