Le deuil est-il mort ?

Nous sommes en été, il a fait jusqu'à 34°C sur mon balcon aujourd'hui, mais la saison où le rayon Halloween fait face à celui des décorations de Noël a déjà débuté dans la au magasin Action des Ulis. 

Rayon Halloween à Action

 

La mort c'est comme une chose impossible

Aujourd'hui aussi, Catherine Ringer, celle qui m'a appris que les histoires d'amour finissent mal en général, a été assassinée par la mort. 

Mais c'est la mortQui t'a assassinée MarciaC'est la mortTu t'es consumée MarciaC'est le cancerQue tu as pris sous ton brasMaintenant tu es en cendres, en cendresLa mort c'est comme une chose impossibleEt même à toi qui est forte comme une fuséeEt même à toi qui est la vie même MarciaC'est la mort qui t'a emmenée

Le deuil est mort ce soir. 

Ce matin, en buvant mon café, j'ai lu un article publié par le Journal of Medical Internet Research, au titre amusant : "Is Grief Dead? How Digital Resurrection Technologies Affect Bereavement" [1]. Comment traduire en français ? Grief et bereavement ne représentent pas la même chose, mais notre langue n'a qu'un seul mot "deuil", à la fois pour représenter l'état émotionnel (grief) lié à la perte d'un être cher et l'état objectif de la situation de la perte (bereavement). La question est donc de savoir si dans la jungle, terrible jungle de l'IA, le deuil est mort ce soir. 

 

Ciel du 15 septembre

Des millions d'années fichues en l'air

Actuellement les personnes terrorisées par l'IA, après avoir épuisé les arguments sur la consommation d'eau, se focalisent sur la nécessité de souffrir en écrivant un livre comme Amélie Nothomb ou en faisant une thèse en mathématique, comme le préconise Cédric Villani. 

Si j'écris ces lignes sans utiliser d'IA, c'est uniquement parce que j'ai quelque chose à dire et que ça me fait du bien de râler contre des célébrités paranoïaques bloquées au siècle dernier. Si c'était une contrainte, je ne le ferai pas, même avec l'IA.  

Le deuil est une terrible souffrance depuis des milliers d'années, on s'y est habitués, on s'est entraînés, pourquoi adoucir cette douleur avec des services numériques qui représentent tout de même un marché de 22,46 milliards de dollars en 2024 ? Ça, c'est le point de vue de monsieur Klugmann, mais ce n'est pas celui qui m'intéresse. 

Le point de vue de Robert Neimeyer 

Ca ne sert à rien que je fasse l'effort de résumer et de traduire ce que dit  ce psychologue, directeur du Portland Institute for Loss and Transition, auteur spécialisé dans la thérapie du deuil, avec mes propres mots. Ici, Gemini AI sera bien plus exacte et efficace que moi : 

Robert Neimeyer a testé ChatGPT en simulant une conversation avec son propre père (décédé 60 ans plus tôt) et a qualifié l'expérience de très significative, empreinte d'un réalisme saisissant et d'une posture réflexive. 

Très ouvert au potentiel thérapeutique de ces technologies, il les voit comme un outil complémentaire capable d'aider les personnes endeuillées. Il estime que les griefbots peuvent aider environ 40 % des personnes en deuil qui ont besoin d'un soutien renforcé, en leur permettant de maintenir une « conversation symbolique » avec le défunt. Dans une étude de 2023, il a constaté que la majorité des personnes a trouvé ces chatbots bénéfiques pour réengager leur vie, les percevant comme des conseillers ou des amis, sans risque de dépendance ou d'enfermement virtuel.

Illustration de l'article par Gemini AI

 Il préconise d'utiliser ces IA avec une intention claire et les considérer comme un élément parmi d'autres du chemin de guérison, et non comme la solution complète.

Je reprends la main pour conclure ce billet : dans la jungle, terrible jungle de l'IA, le deuil n'est pas mort ce soir.   


  1. D. Rebernick, Is Grief Dead? How Digital Resurrection Technologies Affect Bereavement, JMIR, 09/2026


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