Première lumière pour FAST !

Aujourd'hui, 25 septembre 2016, est un grand jour pour la Chine, la radioastronomie et par conséquent la recherche de la vie dans l'univers. C'est la date officielle de mise en service du plus grand radiotélescope du monde : FAST.

 

Alors que le diamètre de l'antenne principale du radiotélescope d'Arecibo est de 305m, celle de FAST est de 500m. La première fois que j'ai entendu parler de FAST, c'était lors d'une réunion à l'institut d'astrophysique (IAP) à Paris, à laquelle assistait entre autres Claudio Maccone et  Fengyuan Zhuang, un professeur chinois assez âgé de l'université de Beihang. Le projet venait juste de débuter et ils venaient de visiter le site. 500m ! Je n'en revenais pas à l'époque.


La présentatrice de cette courte vidéo explique que la sensibilité du radiotélescope vaut 2,5 fois celle de ses prédécesseurs, et que l'on estime que le potentiel de détecter une intelligence extraterrestre vaut entre 5 et 10 fois celui des instruments actuels.


"Bigger is Better" comme le dit le professeur Peter Wilkinson dans cette vidéo. Les signaux de son smartphone sont des millions de fois plus puissants que ceux du cosmos, donc il faut de gigantesques surfaces collectrices pour étudier l'univers lointain. Arecibo a montré la route à suivre, mais il est uniquement sphérique. L'idée intelligente des chinois a été de pouvoir changer la surface pour la rendre parabolique.


Peter Wilkinson ne parle pas de SETI, mais il y deux choses que le télescope fera mieux que tous les autres : l'étude de l'hydrogène et des pulsars, ces horloges, qui permettront d'étudier les ondes gravitationnelles.

Les pulsars

La découverte des pulsars est due à Jocelyn Bell Burnell qui était en thèse à  l'université de Cambridge en 1971. En étudiant les quasars, elle a reçu des signaux réguliers. Elle a tout d'abord pensé qu'ils étaient issus d'une technologie humaine... Après plus d'un mois d'observation, elle en a conclu qu'il n'étaient pas dus à un défaut du radiotélescope mais venaient bien du cosmos.
Ils l'ont surnomé LGM1 comme "Little Green Men".
Quand un autre signal similaire a été reçu d'une autre région du ciel, elle en a conclu qu'elle avait découvert une nouvelle sorte d'étoile : les pulsars, ou étoiles à neutron. Incroyablement denses, ces étoiles en fin de vie ont une surface solide. Elles tournent sur elles-mêmes à des vitesses incroyables.

On peut en entendre quelques uns sur cette page, y compris celui du crabe (PSR B0531+21), qui aurait permis au radiotélescope FAST de faire sa première grande découverte. A l'heure actuelle (23h30 dimanche 25/09 en France), un clic sur le lien conduit à la page d'accueil du site (en chinois).



CCTV

J'ai passé une grande partie de la journée à regarder les vidéos de la télévision chinoise sur Youtube. Les quelques mots que je connais ne m'ont pas permis de comprendre les commentaires, mais j'en ai pris plein les yeux.
Pourrait-on imaginer sur une chaîne d'information française un reportage scientifique de près de 13 minutes ?



Une des difficultés de la radioastronomie est que les graphiques de signaux reçus ne sont pas sexy. On imagine mal les présenter au journal télévisé. 

En Chine, ça n'a pas l'air de poser problème, comme en témoignent ces images du pulsar J1921+2153 reçu par FAST le 17 septembre dernier. 



Il semble même exister des émissions pour enfant qui parlent de radioastronomie. 


En attendant que FAST reçoive un signal émis par une civilisation extraterrestre, il va falloir que je me perfectionne en chinois, pour au moins suivre l'actualité...


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