Nos névroses

"Nos névroses font partie de nous". 


Telle est l'éblouissante démonstration de Leslie Pliée dans la BD "Éloge de la névrose en 10 syndromes."

A la lumière de quelques événements récents, illustrons-en quelques uns.

Le syndrome de la personne normale

Par exemple, lors de la fête de la rose à Frangy-en-Bresse, le 21 août, s'il ne souffrait pas du syndrome de la personne normale, Montebourg dirait "Je me présente aux élections parce que je suis mégalomane et que le pouvoir me fait jouir".


Le syndrome de Paris

Depuis les attentats de Charlie Hebdo, le syndrome lyonnais qui consistait à mettre des lumignons partout le 8 décembre s'est déplacé place de la République ou devant le Bataclan de janvier à décembre.


Si pour les lyonnais, il y a une connotation religieuse, pour les parisiens, c'est devenu un automatisme. Les personnes disparues hantent encore nos vies, orientent nos pas, décident de nos gestes. On allume des bougies pour chasser l'obscurantisme, pour se souvenir, ne jamais oublier, ne jamais pardonner.

Alors oui, dès que l'on voit 6 bougies et seulement 4 personnes se lever, tous les parisiens se précipitent pour que la lumière renaisse après le drame terrible qui vient de se produire.


Alors, qu'une folle ose voler des petits mots, un souvenir, des objets avec une forte valeur émotionnelle, NON ! La mairie de Paris dit que tous les témoignages de la place de la République ont été archivés, photocopiés, photographiés. Mais ce n'est pas pareil ! C'est notre cœur citoyen, militant, qui bat là. Nuit Debout avait su respecter cela pendant de longues nuits, malgré la présence de casseurs. Comment une égoïste peut-elle oser nous voler notre patrimoine, le garder on ne sait où sous prétexte de le protéger ?


Le syndrome de l'imposteur procrastinateur

Leslie Pliée propose de changer la définition de l'échec
"Je suis une personne nulle en tout et pour toujours", 
en
"Je suis comme tout le monde, j'apprends". 

C'est comme à l'école, quand on remettait à la semaine prochaine le fait de recopier quelques lignes avec sa plus belle écriture. On avait peur de l'échec, on se sentait nul pour des choses aussi simples. Si la maîtresse nous félicitait pour les petites fleurs dans le coin, on se sentait comme un imposteur. On s'en voulait de ne pas avoir rendu le cahier immédiatement après avoir recopié la poésie, mais d'avoir remis à plus tard, par peur.


Le syndrome du fardeau

La personne qui est victime de cela n'a qu'un but : "Ne pas vous déranger".


Les autres syndromes.

Je n'ai pas évoqué le syndrome de l'adultisme, de Stockholm, de Ploumanac'h, du nicodépendant anxieux, des règles bleues ou du balancement nocturne, évoqués dans la BD, mais cela ne signifie pas que je n'en souffre pas, ou que ces chapitres ne m'aient pas intéressée. 

Si j'avais un seul reproche, c'est de ne pas avoir évoqué le syndrome de Mulder : "La vérité est ailleurs". Cela dit, il existe d'autres BD pour cette névrose qui doit aussi porter d'autres noms comme schizophrénie ou religion.

 

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