Collège 2016 et l'emploi du temps...

Je me suis amusée à comparer l'emploi du temps actuel d'un élève de troisième (avec une option grec) et celui qui pourrait être mis en place l'année prochaine (sans option). 




Collège 2015 


Voilà l'emploi du temps d'un élève de 3ième qui aurait choisi l'option "grec" actuellement. Il y a 31,5 heures de cours, avec des journées très chargées (7,5 heures le mardi). 


Suppression des heures


En noir, ce sont les heures supprimées si le collège conserve l'option grec :



Si le collège ne conserve pas l'option, le résultat est le suivant :


Je me suis basée sur ce site :
http://www.reformeducollege.fr/emploi-du-temps/grille-horaire-hors-options

Plus de temps pour manger 

Cette année, les parents ont râlé en voyant que les enfants n'avaient qu'un demi-heure pour manger 3 jours sur 4. Le problème aurait pu être résolu en déplaçant une heure de grec le lundi matin et une heure de sport le vendredi matin (par exemple), mais la direction a refusé de modifier les emplois du temps, contrairement aux autres années.

La réforme impose une pause méridienne de 1h30, et pas plus de 4h de cours de suite... Avec l'option grec, l'emploi du temps ressemble à ça :


On voit donc qu'il n'y a pas de problème pour ajouter cette pause. Les élèves finiront même plus tôt (par exemple 1 fois sur deux à 16h le mardi).  

Finir plus tôt

Avec un peu d'efforts, on peut même arriver à cela :



Et l'EPI (de Candy) ? 

Dans l'emploi du temps ci-dessous, il manque les 3 heures "EPI" (enseignement pratiques interdisciplinaires) et l'accompagnement personnalisé (et non pas aide personnalisée). Où les mettre ? 

La réponse est dans l'arrêté du 19 mai 2015 : on les "prend" sur toutes les disciplines dont l'horaire passe donc de 26h à 22h.  



On est donc passé de 28h30 d'enseignement obligatoire à 22h d'enseignement obligatoire ! 
Si on supprime les 3h d'option grec (ou latin), ça fait 9h30 en moins pour un élève de troisième par semaine. 

Mise à jour le 17 avril : Obligatoire ou complémentaire

Après avoir été accusée de "désinformation" par MilaSaintAnne alors que je n'ai fait qu'utiliser la terminologie de l'arrêté, un correctif s'impose.
Il semblerait que les enseignements complémentaires, soient obligatoires et ne changent rien au contenu de la matière en question : l'heure de math restera une heure de math, l'heure de sciences physiques aussi. On passera donc concrètement de 28h30 à 26h d'enseignement obligatoire. Ce qui fait tout de même 2h30 en moins.

J'avoue ne pas être entièrement convaincue. Il me semblait que ce jeu d'étiquette était une idée des profs en résistance, qui voulaient continuer à faire comme si de rien n'était...

Erreur de raisonnement. 

L'arrêté définit des thématiques pour les enseignements pratiques interdisciplinaires, mais aucun contenu obligatoire. C'est pour cela que pour moi, c'est juste des heures pour occuper les élèves, mais que ça ne correspond pas à un apprentissage. Quand lors d'une réunion, les parents ont demandé des précisions sur le contenu de ces EPI, on leur a répondu "Taisez vous".

Si un prof demande aux élèves du coloriage de Candy et met une étiquette "Culture et création artistiques", les parents ne pourront pas protester en disant que dans le collège voisin, les enfants ont appris à chanter "Bella Ciao" dans l'EPI "Culture et création artistiques".

Ce qui changera, c'est la pédagogie. 

Guillaume Caron  explicite l'accompagnement personnalisé dans son billet de blog, en donnant des exemples comme :
Mettre l’accent sur la métacognition par le biais de “journaux des apprentissages”. Aider les élèves à comprendre la façon dont ils apprennent.
Si c'est ça, c'est génial ! Par exemple, dans certains collèges de banlieue, 40% des enfants ont des difficultés pour lire le français. Les professeurs ont le choix :

  1. Faire le programme "normal" pour les 60% autres (mais les 40% vont être ingérables). 
  2. Adapter le programme. Tant pis pour les 60% qui n'étudieront jamais Voltaire ou Darwin alors qu'ils en ont les capacités. 
  3. Faire de la pédagogie différenciée, c'est-à-dire proposer à chaque enfant ce qui correspond à ses besoins. 

26 heures 


La bonne nouvelle, c'est qu'un chef d'établissement ne peut pas évoquer la réforme du collège pour justifier le fait que les cours se terminent à 18 h au lieu de 17 h. Il utilisera le même logiciel dans lequel il mettra les mêmes matières, avec juste 2h30 de moins (pour les 3e).


Mise à jour 28 avril : Une réforme aux oubliettes ? 

Ce qui est très étonnant, c'est que l'emploi du temps "type" ne semble pas exister. Je serai la première à m'être livrée à ce jeu ? Même les personnes qui défendent bec et ongles la réforme du collège n'ont rien sous la main, au point de faire preuve d'une certaine arrogance, bien loin de la bienveillance et de la pédagogie qu'elles défendent généralement. 

Cet absence d'exemple concret a l'air d'être une généralité d'après une professeur en campagne (CNFA03), pour qui il y aura forcément beaucoup plus de trous dans les emplois du temps de 2016, surtout si l'horaire change. 

D'après son profil twitter, Alain Morvan est "Ancien recteur des académies de Clermont-Ferrand, Amiens et Lyon, ancien président du Directoire des PUF, professeur émérite à la Sorbonne Nouvelle (Paris 3)". Hier, il a écrit : 


Si on ajoute à cela les fous-rires du #Cloclogate déclenchés par cet extrait d'un manuel de 3ème pour la rentrée 2016, il semblerait que Najat ne soit pas loin de jeter son bébé avec l'eau du bain...


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