Enthousiasme juvénile

Hier vers 16h30, l'amphi H4 du bâtiment 333 de l'université Paris-Sud était plein à craquer ! Comme les retardataires, je me suis assise sur les marches d'escalier. Deux écrans retransmettaient ce qui se passait à l'IAS d'Orsay ou sur le direct mis en place par l'ESA, dont la salle était trop petite pour accueillir tous le personnel de l'université Paris-Sud intéressé par la mission Rosetta.



A 17h03, un tonnerre d'applaudissements à retenti. On a reçu LE signal. La sonde s'est posée ! Il ne restait qu'à attendre les premières images, d'ici 30 minutes.



Certains sont partis. Nous étions nombreux à rester et à bombarder les intervenants de questions.
- Pourquoi la comète Churyunov a-t-elle cette forme ?
- Ne serait-ce pas deux comètes en collision ? 
- Combien de temps va-t-elle vivre ?

Alors que les images se faisaient attendre il fut question de technologie. Les choix ont été faits dans les années 90. Je me souviens avoir entendu parler de ce projet dans une conférence de la Société Astronomique de Bourgogne à Dijon, alors que j'étais en prépa au lycée Carnot... L'intervenant disait devoir attendre 10 ans avant le lancement d'une sonde qui irait étudier une comète dans le cadre de son projet de recherche. A l'époque, ça me semblait une éternité...

Si les scientifiques peuvent regretter que le spectromètre de masse COSIMA ou les caméras CIVA n'aient pas les performances de ceux qu'ils utilisent aujourd'hui, ils sont ravis d'avoir des instruments qui fonctionnent encore alors qu'ils sont âgés d'une vingtaine d'années et ont voyagé 10 ans dans l'espace. Aucun industriel ne pourrait fournir cela aujourd'hui ! De plus, les techniciens et ingénieurs qui les ont développés sont encore dans les laboratoires et apportent leur aide dans l'interprétation des données.

Tout en écoutant les explications sur la sublimation de la glace dans la comète, la soupe primitive ou les poussières rencontrées par Churyunov-Gerasimenki, Sonia m'a glissé un petit mot... POUSSIERE est une anagramme de SOUPIERES ! Il est vrai qu'il n'y avait pratiquement pas de jeunes dans l'assemblée et que le niveau des explications des spécialistes dépassait largement le niveau de science-physique du collège !


A 18h15, les premières images annoncées l'étaient encore pour "dans 30 minutes". L'amphi s'est vidé, vu que de toute façon, le bâtiment fermait à 19h.

Finalement, il aura fallu attendre aujourd'hui 14h, pour voir les étonnants clichés lors de la conférence de presse de l'ESA et commencer à comprendre qu'hier, Philaé s'est posé trois fois !



La première fois, elle s'est posée comme prévu ci-dessus... mais les deux autres fois, on ne sait pas encore...

Des journées comme celles-là, on en redemande ! Merci à l'IAS, au CNRS, au CNES, à l'ESA pour les images et les directs !

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