Rester vivant

J'ai lu Soumission de Michel Houellebecq et je n'ai pas oublié, contrairement à d'autres romans dont la lecture n'est qu'un plaisir passager, et dont j'aurais bien du mal de parler un an, deux ans, dix ans après.

L'exposition "Rester Vivant" au Palais de Tokyo  produit le même effet. Je l'ai visitée une première fois début juillet, un lundi soir, après le travail. J'ai fait le tour des salles, sans vraiment m'arrêter, par curiosité. J'ai admiré le talent du photographe, et la culture du scientifique. La salle sur Clément m'a parue amusante, originale.


Ma fille m'a fait la remarque suivante : "Tu te rends compte, maman, le chien de Michel Houellebecq a une salle pour lui rendre hommage. La plupart des humains n'ont pas ça !" Nous avons ensuite discuté de la chanson d'Iggy Pop "Machine for loving" qui accompagne la projection de photographies.


Les images de l'exposition ont trotté dans ma tête pendant tout le mois de juillet. Au Havre, j'ai eu envie d'acheter plein de sets de table, pour décorer le sol de l'appartement.


La chose obsédante et monotone, celle que l'on ne peut oublier après avoir visité l'exposition, c'est ça :

 Ou plus exactement, en gros plan, un crâne avec l'inscription "Michel Houellebecq. 1958 - 2037"


Je suis retournée voir cette exposition ce dimanche, seule en prenant mon temps, et surtout en pleine période de deuil suite au décès de ma grand-mère le 28 juillet 2016. J'avais envie, égoïstement, d'être seule avec Michel Houellebecq et je m'y suis rendue assez tard. C'est aussi idiot que de vouloir être seule au funérarium avec un mort. Personne n'aura jamais ce privilège. Il y a des gardiens qui se déplacent d'une salle à l'autre. Et puis, il y a le visiteur arrivé un peu plus tôt, un peu plus tard, que l'on n'arrête pas de croiser, que l'on s'attarde dans une salle ou que l'on passe vite...


Quand nous étions enfants, Mamie portait souvent une blouse bleue. Les morts sont habillés en bleu, et les Bleus habillés en morts. Ces deux photos se répondent de manière extraordinaire. Pas loin, on trouve les composants chimiques entrant dans la composition d'un être vivant :


C'est chimique, c'est bleu, c'est beau. L'oeuvre  de Renaud Marchand s'appelle Daniel & Ester.

A suivre... Chimica Matrix

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