Lâcher prise

J'ai commencé mon défi "J'arrête de râler" aujourd'hui.

Quand j'ai entendu vers 9h des hurlements "On n'est pas fatigué !" provenant de l'école des Avelines, j'ai apprécié ce réveil en fanfare annonçant une journée dynamique.


Quand une femme assez âgée et un jeune cadre dynamique ont sonné à ma porte, je leur ai ouvert avec le sourire et j'ai accepté leur invitation pour la prochaine rencontre des témoins de Jehova.


La déchirer a créé en moi une jubilation, une réponse à tous les religieux qui veulent nous imposer leurs délires, que ce soit avec un couteau ou un camion.

Et puis, j'ai eu un coup de fil à passer pour confirmer un rendez-vous. Je n'ai pas pu m'empêcher de râler contre la musique d'attente... PERDU. Ce n'est pas aujourd'hui que je commencerai mes 21 jours sans râler. Mais bon, une heure, ce n'est déjà pas mal, non ?

La méthode Sedona

Non seulement, j'ai râlé aujourd'hui, mais j'ai été une espèce de larve, croulant sous la chaleur, à essayer de suivre l'actualité, c'est-à-dire les discussions sur l'etat d'urgence à l'Assemblée Nationale, pendant qu'un forcené refusait de payer sa note d'hôtel à Bollène près de Tricastin et qu'un incendie déclenché par les voleurs de cuivre bloquait la circulation des trains  et des RER gare du Nord.
Dansles annexes du livre "J'arrête de râler", Christine Lewicki propose de lâcher prise en utilisant la méthode Sedona.

Celle-ci consiste à répondre à des questions.

1 - Concentrez votre attention sur un problème : l'état d'urgence

Il me suffit de quitter la région parisienne, même le temps d'un week-end, pour me rendre compte à quel point le plan Vigipirate d'une manière générale, et toutes les mesures liées à l'état d'urgence sont pesantes.

 Accueillez les émotions quelles qu'elles soient

Je suis agacée par l'inutilité de la plupart des mesures que cet état d'urgence implique. Si en novembre 2015, l'état de sidération, de peur dans lequel j'étais m'amenait à accepter que les forces de l'ordre aient besoin d'un mois pour des perquisitions, des assignations à résidence, j'ai le sentiment que sa prolongation est inutile. L'état d'urgence ne fait que renforcer la terreur que Daech veut faire peser sur chacun de nous. Quelqu'un oublie son sac à dos dans le RER, immédiatement la circulation est interrompue, des milliers de gens sont impactés. Un forcené se retranche dans une chambre d'hôtel pour ne pas payer sa note, on arrête la circulation sur l'autoroute A7.

Prenez conscience de ce que vous ressentez quand vous pensez à ce problème

En cet instant présent (23h08), c'est une grande lassitude.


2 - Puis-je laisser aller cette émotion ?


NON, à moins d'aller me coucher avant de finir ce billet.

3- Vais-je lâcher prise ? 


Ce crayon bleu que l'on voit à peine derrière les choux gras fleuris avait été planté en janvier 2015, suite aux attentats de Charlie Hebdo. Tant que l'état d'urgence sera prolongé, difficile de lâcher prise.

4- Quand voudrais-je lâcher prise ? 

Un état d'urgence prolongé de six mois, c'est-à-dire jusqu'à 2017, donne l'impression que l'on n'a pas de gouvernement, pas de dirigeants, comme si un coup d'état venait d'avoir lieu, comme si personne n'était en mesure de protéger les citoyens contre des fous, des malades mentaux, des religions, des sectes.

Pour les écoliers, collégiens, lycéens, cela veut dire pas de sorties scolaires sur Paris pendant la moitié de l'année scolaire qui s'annonce. Daech doit se réjouir !

Peut-être que je voudrais lâcher prise le jour où la démocratie aura repris un fonctionnement normal. Je sais que j'ai lâché prise grâce à Nuit Debout. Je suis allée place de la République sans penser aux attentats de Charlie ou du Bataclan et surtout sans avoir peur.


Cinquième étape : répétez le processus jusqu'à ce que vous vous sentiez libre.

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