3,5% de Krasucki

Ce matin, j'ai  cru entendre le moteur d'un bus en me réveillant. Je devais être dans un rêve. Depuis le balcon, il n'y avait pas de véhicule au terminus du centre commercial Ulis 2. On entendait les oiseaux, mais même les voitures semblaient absentes. Les Ulis, la ville à la campagne... 



Comme tous les samedis, je suis sortie à 8h15 de chez moi pour aller à Courdimanche. D'habitude je crois plein de gens, en particulier sous l'arrêt de bus "Mairie". Ce matin, personne... La ville serait-elle victime du Cancer Généralisé du Travail (dixit Coluche) ?




J'ai enfin trouvé ce que je cherche depuis 15 jours : les revendications.
Enfin, ce n'est pas un tract, juste un communiqué de presse. Regardons en détail...

"Les syndicats demandaient 3,5%. La direction propose 1,1%.
On imagine qu'il s'agit de salaire. Ce mot ne figure pas dans le communiqué. Moi je veux "40%" ! Cette phrase ne signifie rien, tant que je ne dis pas de quoi je parle. Je veux que  40% du trafic soit assuré.  Ça pourrait être un détail, sauf que le début du communiqué parle de "leurs syndicats : CGT, FO, FNCR". On peut imaginer qu'il y a au moins trois personnes (une de chaque syndicat) qui a relu ce communiqué. Enfin, que les syndicats aient des problèmes avec les chiffres ne date pas d'aujourd'hui. L'ombre de Krazucki plane toujours...



Bon, admettons que l'auteur ne soit pas bon en maths. En français, c'est pas mieux...
"L'amélioration du service, malgré les promesses, ne sont toujours pas en place..."
Comment dire ? L'amélioration est un nom commun féminin. Donc soit les améliorations ne sont pas en place, soit l'amélioration n'est pas en place. Pour avoir été destinataire d'échanges entre syndicats à l'université Paris-Sud, je sais qu'en général, la moindre virgule fait l'objet d'âpres discussions. Laisser passer ce genre de détail montre clairement qu'il n'y a pas d'union, que c'est un individu qui décide pour tout le monde sans demander à ses collègues, ne serait-ce que de relire ce qu'il propose.

En quoi consiste cette promesse ? "notamment la "pause pipi" sur les terminus". J'en ai parlé dans un précédent billet. La mairie des Ulis a mis en place des toilettes sèches au CC-Ulis 2. Serait-il alors question de temps nécessaire ? Quand un bus est sans chauffeur à 8h au centre commercial, ses collègues vont le chercher à Pomme de Pin. Si les chauffeurs ont le temps de prendre un café, on peut imaginer qu'ils ont le temps pour le reste...

Le paragraphe suivant est révélateur.

"Pour information, il y a aujourd'hui une vingtaine de femmes..."
Est-ce un problème ? Les syndicats demandent-ils que la parité soit respectée ? Pourquoi "une vingtaine" et pas un chiffre précis ?

La phrase suivante éclaire peut-être. Il serait question de respect de code de la route, incompatible avec le respect des horaires. Certes il y a eu des travaux, et il y en aura encore, surtout sur le plateau de Saclay. Certes, la communication n'est pas toujours très efficace entre les mairies et les Cars d'Orsay. Par exemple aux Ulis, on a eu des arrêts supprimés jusqu'à la fin des travaux. Ceux-ci ne devaient durer que 24h, mais le lendemain, les bus ne pouvaient toujours pas passer, ce qui fait que les usagers ont attendu en vain.

Quel est le rapport avec les femmes ? Ont-elles plus de problème à respecter le code de la route ?  Ou au contraire, elles le respectent et ne peuvent pas assurer les horaires ? Mais, que l'on  se rassure, les conducteurs avouent ne pas respecter la sécurité routière. Mais s'ils font grève pour changer le code de la route, c'est une autre histoire...

Ah que Coluche me manque ! "Krasucki kiki, syndicats... ". Je n'arrive plus à remettre la main sur ce sketch qui a bercé toute mon adolescence !

Hier, un ami me demandait si j'étais contre les syndicats et si je remettais le droit de grève en cause. Voilà ma réponse :
"A partir du moment où les syndicats défendent les ouvriers victimes de harcèlement, de violence de la part de leur patron, je suis pour les syndicats. Quand ce sont les syndicats qui envoient un ouvrier à l'hôpital, eh bien oui, je suis contre ce syndicat. Quand c'est ce même syndicat qui intimide les 40% de chauffeurs qui veulent reprendre le travail, oui, je suis contre ce totalitarisme, surtout lorsqu'il a des conséquences sur 90 000 autres usagers, comme des femmes de ménages qui peuvent être licenciées à cause de la bêtise de quelques brutes qui bloquent le dépôt.... Le droit de grève oui, mais aussi le droit de travailler pour ceux qui le souhaitent !"

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