Genikor et la vie

Je viens de terminer un premier roman, Ad noctum, écrit par Ludovic Lamarque et Pierre Portrait. J'ai mis beaucoup temps à le lire et je ne l'aurais sans doute pas terminé sans le devoir de le rendre à la médiathèque des Ulis et les encouragements issus du club SFFF... La fin me donnerait la cohérence entre les chapitres déjà lus et il y est question de la vie...

Le livre commence comme un résultat d'élection où le Front National frôle les 20% :
Faits comme des rats. Dans cette putain de rizière, avec de la flotte croupie jusqu'au genoux. Et aucun gradé pour y voir clair dans ce foutu merdier.
Que l'on n'apprécie ou pas ce langage, la force du récit nous incite à lire la suite, exactement comme lorsque l'on écoute un débat avec Marine Le Pen. Que l'on déteste ou non, c'est plus intéressant qu'un non débat avec un gentil journaliste qui pose des gentilles questions à un gentil candidat.

Il y en a pour tous les goûts. Au fil des nouvelles qui composent ce roman, on trouve de la guerre, de l'aventure, de l'amour. A cela on ajoute des ingrédients science-fictifs comme des clones et autres entités vivantes indéfinies entre l'homme et l'animal et l'on a le bébé. Quelquefois épicées, quelquefois sucrées, les nouvelles sont inégales. Certaines sont à louer pour leur poésie comme "Le cri de la chair", d'autre pour leur humour, comme "Sexus Machina" ou pour l'originalité des inventions comme "Mes aïeuls".

Le gros problème, c'est que Genikor, la multinationale qui a pour slogan "chaque jour nous donnons la vie", existe déjà... Le roman se termine sur un désir d'enfant, issus d'une grossesse qui ne se fasse pas dans un utérus artificiel. Ca rappelle terriblement ACTA et les efforts pour breveter le vivant, pour interdire aux agriculteurs de replanter leurs semences d'une année sur l'autre. A mon goût, ce livre manque terriblement de message et aussi de science-fiction... On a déjà bien pire que Genikor, et quelque soir le futur président, ça ne changera rien.


Je n'ai pas vraiment apprécié Ad Nuctum, mais je ne regrette pas de l'avoir lu. C'est sans doute le genre de livre qui aurait pu trainer longtemps sur ma table de nuit sans être achevé, comme un puzzle trop facile ou avec trop de pièces.

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