30 septembre 2010

Assez !

Le député Noël Mamère à parlé de "France qui pue" à propos des lois sur l'immigration votées aujourd'hui à l'Assemblée.



Même si le climat est plus proche de celui de la Parisienne Libérée que de la nuit et du brouillard, il y a quand même de mauvaises odeurs...

Voilà (ou voilà) une réaction d'un ancien combattant :
C'est la politique de la suspicion permanente. Elle commence à trop ressembler, cette politique, à celle que je partais combattre le 6 janvier 1944, à 18 ans en revêtant l'uniforme de la 2ème D.B.



En attendant "Arbeit macht frei"... jusqu'à 67 ans.

26 septembre 2010

La Bresse à Prévert !

Ce week-end, le cinéma Jacques Prévert aux Ulis présentait un documentaire animalier "La vie sauvage des animaux domestiques".

Samedi, je ne suis pas allée le voir... Bof, les animaux domestiques, on connaît, ça risque d'être un peu ennuyeux. D'ailleurs, le film est sorti en juillet et il ne me semble pas en avoir entendu parler.


Ce matin, en allant au marché, je me suis arrêtée devant le cinéma. J'ai alors appris que ce film avait été tourné en Bresse jurassienne. Mais c'est chez moi ! En recherchant sur internet, j'ai découvert qu'il avait été tourné à Pierre de Bresse. Ce village est essentiellement connu grâce à l'écomusée de la Bresse Bourguignonne, que j'ai dû visiter une fois, il y a très longtemps, en trouvant qu'il y avait plus d'objets étonnants chez mes grands parents.

Je suis donc allée le voir cette après-midi, avant tout pour retrouver les paysages de Bresse.


On comprend très vite que ce n'est pas un documentaire. Dans la vraie vie, les poules rentrent toutes seules au poulailler le soir. Le fermier n'est là que pour fermer la porte afin d'éviter que renards ou fouines ne mangent la volaille. 
 
Le plus surprenant, c'est de voir les animaux sauvages, marcassins, hérissons, souris, chouettes, que l'on entend la nuit, mais qu'on voit rarement. J'ai d'ailleurs été très impressionnée par le rat des moissons. Je ne savais pas qu'un animal aussi petit pouvait se promener dans les blés. Finalement le film aurait pu s'appeler la vie domestique des animaux sauvages...

Les images sont magnifiques, en particulier celle du poulain qui se met sur ses pattes. On a l'impression qu'il fait toujours beau en Bresse, alors que le climat est très humide. En général, il y a cinq degrés de moins qu'à Lyon. Mais il est vrai que par rapport à la région parisienne, il fait bon ! Tout est relatif.


La taille humaine de l'exploitation agricole est mise en valeur. D'ailleurs en arrivant de Dijon, on sait que l'on est en Bresse lorsque les buissons traversent les champs. La solidarité entre humains est une réalité. Cependant, lorsqu'un agriculteur est malade, les amis vont plutôt venir donner un coup de main de temps en temps plutôt que débarquer avec vaches, canards, lapins et poissons rouges.


Et que dire de la petite poule noire qui ne trouve pas de logis ? La crise du logement concerne avant tout les jeunes, puisque les anciennes poules ne lui laissent pas la place... mais le coq profite tout de même de cette SDF qui aura des poussins.

Il faut reconnaître que la Bresse survit grâce à l'immigration ! Si les Suisses ne venaient pas acheter de vieilles fermes pour les réparer et faire revivre la région, c'est tout un patrimoine qui aurait déjà disparu !

Et si le message du film était de montrer que le développement durable est avant tout possible grâce aux autres, qu'ils viennent de la ferme d'à côté (sauf si c'est un étalon) ou qu'ils débarquent de très très loin, sauvages ou non ?

22 septembre 2010

Aux arbres citoyens !

En ce moment, il y a aux Ulis une grande campagne de communication sur l'Agenda 21. Comme je n'ai pas spécialement envie d'assister aux réunions qui ont toutes lieu le mercredi à 20h, voilà mon avis (et que je partage).

Tout d'abord, c'est bien de se préoccuper d'environnement. Les Ulis, c'est "la ville à la campagne", avant tout grâce au Parc Nord. Des immeubles sont en construction tout autour, mais pour l'instant, la nature demeure intacte.


La grosse différence par rapport à la campagne, c'est que l'on ne voit pas d'étoiles, ou du moins presque pas. Fin août, une dame qui m'avait reconnue dans l'émission "A deux pas du futur" m'a dit :
C'est bien de s'intéresser à l'astronomie. A Madagascar, il y a plein d'étoiles dans le ciel. Ici on ne voit rien. Pourquoi ? 
La réponse est dans ce cliché pris depuis mon balcon à 23h la semaine dernière :

En rouge, nous avons les lampadaires du Centre Commercial (fermé depuis longtemps à cette heure là), en jaune, ceux du groupe scolaire des Avelines (peut-être allumés au cas où la dame blanche ferait son apparition), en vert les projecteurs du stade Thierry Henry qui éclairent le ciel, comme beaucoup de lampadaires un peu partout.

La municipalité a distribué des petits dépliants plastifiés où l'on trouve de bons conseils :
- HALOGENE : Préférez les éclairages classiques ou utilisez des ampoules moins puissantes. Economies : 40 euros / an
- AMPOULE : Utilisez des lampes basse consommation ou des basse tension. Nettoyez les ampoules régulièrement. Economies : 40 euros / an
 Et sur nos impôts locaux, ça ferait quoi si on éteignait certains lampadaires ? Le week-end dernier, j'ai emprunté la BD de Sfar "Le petit prince". Ah ! Si on avait un allumeur de réverbère aux Ulis, ou du moins, un système pour les éteindre lorsqu'ils ne servent plus !



Bon, admettons que je sois la seule à faire de l'astronomie aux Ulis et que la sécurité passe avant tout, surtout en ces temps où une bouteille de shampooing avec des fils électriques et du papier essuie-tout suffit à bloquer la circulation des TGV pendant deux heures à Massy.

C'est bien de communiquer sur l'Agenda 21 avec de grands panneaux :


On aperçoit un immeuble en construction derrière. Avant, il y avait une grande pelouse et des balançoires, chose relativement rare aux Ulis. Effectivement, avant, dans la verdure, c'était "du plaisir pour tous" :-)

A droite de cette sucette, il y a une route, barrée :


Elle a été refaite pendant les vacances et là, elle est coupée, car "ils" coupent des arbres. Cela créé des embouteillages monstres tous les matins sur la ville. Ce matin, le bus 06-03 a mis 45 minutes pour aller des Ulis à Orsay (5 ou 6 km). C'était plus rapide à pied !

Ce soir, en voyant qu'il y avait encore des gens qui n'avaient pas pu monter dans le bus qui venait de partir d'Orsay faute de place, j'ai fait le chemin à pied, et j'ai vu pourquoi la route était coupée. C'est un vrai chantier avec des arbres coupés au milieu, les déchets rejetés dans la nature à côté, etc, etc...


Bon, il y a une portion de route qu'ils sont en train de refaire... Ca ressemble tout de même à un gros problème d'agenda. Ne pouvaient-ils pas couper les arbres pendant les vacances ? Ca tombe assez mal avec la campagne de communication de l'Agenda 21...


Aux arbres citoyens
envoyé par Dolio-Keyok. - Découvrez plus de vidéos créatives.

Ce qui serait aussi formidable, c'est que l'Agenda 21 figure sur l'agenda ou le cahier de texte des écoliers, par exemple avec des sorties dans la ville, aux serres municipales ou au parc nord pour observer la nature. A priori, aux Ulis, c'est très difficile à mettre en place, les écoles demandant à être prévenues longtemps à l'avance de ce qui se fait sur la ville.

Dommage... Il y a pourtant de belles châtaignes et au moins un écureuil au parc nord.

16 septembre 2010

La retraite avant ou après le cancer ?

Il y a une semaine, j'apprenais qu'un voisin était mort du cancer. Il avait 68 ans. Il a travaillé chez Renault et a été exposé à l'amiante.

68 ans ? C'est jeune ? C'est vieux ? On finit par ne plus savoir, à force d'écouter ceux qui nous parlent de reporter l'âge de départ à la retraite à cause de l'espérance de vie qui augmente. Quel âge avait Laurent Fignon ?  Une chose est sure pour moi, partir à la retraite à 67 ans pour mourir à 68 d'une longue maladie, ce n'est pas une vie...
Enfin, certains optimistes semblent avoir plus d'espoir :
Hier soir, il y avait une alerte à la bombe à la Tour Eiffel et à la Station St Michel.
Hier soir, la météo annonçait un temps pluvieux sur le nord de la France. De quoi décourager les manifestants ?

Aujourd'hui, le ciel était bleu au-dessus de Paris.


Aujourd'hui, tout était calme dans le métro, même dans la ligne 1 à la fin de la manifestation... C'est toujours un plaisir de voir Coluche ! Qu'est-ce que son humour me manque ! Heureusement que le net nous permet de l'écouter de temps en temps, de parler d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître...

Même 8 ans quand on est malade, ça passe vachement vite !

Pourquoi suis-je allée à Paris manifester contre les retraites ? Peut-être pour répondre à deux appels d'un coup, celui du collectif "Orsay en lutte" et celui de la Cimade ou du moins des jeûneurs ?

Peut-être parce que j'ai été scandalisée d'entendre le matin que les députés de l'opposition n'auraient pas droit à la parole aujourd'hui ? Peut-être tout simplement parce qu'il faisait beau, que la manif était à 12h30 et qu'il n'y avait pas de grève des transports en commun ?


Je suis tout d'abord allée voir les jeûneurs derrière l'Assemblée Nationale, place E. Herriot. Ce sont des citoyens, présents pour interpeller les députés contre la loi Besson.
Ils en sont à leur 8ième jour de jeûne. L'un d'entre eux ne savait plus vraiment si l'on était mercredi ou jeudi. Sur un cahier, ils écrivent leur lettre quotidienne et demandent à ceux qui leur rendent visite de s'y inscrire.

C'est ce que j'ai fait. J'ai ensuite parlé... du campus d'Orsay, du CNRS de Gif avec un jeûneur originaire de Palaiseau qui connaissait très bien mon laboratoire. Et comment va untel ? A la retraite ? Pas encore ?

Je lui ai dit que plusieurs personnes d'Orsay devaient être à la manifestation place de la Concorde et que je les inviterai à passer. Il a répondu que c'est surtout pour vendredi à 18h30 qu'il fallait appeler les citoyens place E. Herriot. Il y aura des députés.

J'ai ensuite pris la direction des quais de Seine pour rejoindre la manifestation contre la réforme de la retraite. Il y avait des manifestants devant l'Assemblée Nationale. Etait-ce la même manif ? Je suis parvenue à me glisser entre deux CRS. J'ai de suite vu la grande banderole de Paris-XI. Pas de doute !


A un moment, les députés PC et Front de Gauche ont traversé le pont.


Quel courage ! Il y avait des drapeaux du NPA.  Il ne me semble pas avoir vu de drapeaux d'autres partis politiques.


Les militants PS n'ont pas dû être révoltés par le fait que l'on cloue le bec à leurs députés, à moins qu'ils soient restés en retraite, cachés derrière l'énorme banderole "Messieurs Mesdames, ne votez pas !" Il y avait beaucoup plus de monde Place de la Concorde, mais je ne m'en suis aperçue qu'en partant.

Peut-être même que la vraie manif avait effectivement lieu à la Concorde ?


L'âge minimum de départ à la retraite à 62 a été voté. Cela fera 6 années à vivre avant de mourir du cancer. S'il était là aujourd'hui, Coluche dirait sans doute :
"même 6 ans quand on est malade, ça passe vachement vite"... 

12 septembre 2010

Fête de la ville

Ce matin, une ipomée s'est ouverte sur le balcon.
Ce matin, il pleuvait... Certains ont tout de même bravé les éléments pour vendre des vêtements pour bébés ou d'autres babioles à la fête de la ville.
 D'autres ne sont pas venus, même quand le soleil brillait, se disant que ça ne valait sans doute pas le coup de tout déballer à 15h pour ranger à 18h.
Ce midi, je suis allée en 1/4 d'heure top chrono acheter des oeufs au marché des Ulis pour faire des chouquettes de riz, concept inventé par Sonia cet été en jouant avec son cousin :
Tu fais une boule qui colle, puis après tu roules dans le riz, puis après tu mets le compte-minutes sur 5 minutes, tu mets au four, et quand c'est passé tu réduits tout en miettes, et puis tu remets sur 2 minutes, et puis après tu reformes, tu mets sur 5 minutes et après tu manges !
A 13h, il faisait beau. Un baleine à fait son apparition en même temps que le soleil. Est-ce dans le cadre de la biodiversité ?
A 14h, je suis sortie de l'immeuble, pour rejoindre le stand de l'APEX Ulis, où j'avais promis de faire une bonne heure de présence.
Le stand n'était pas forcément très bien placé, mais nous avons eu quelques visites. L'ambiance était très sympa. En face, il y avait le stand de l'amitié franco-marocaine des Ulis où il n'y avait pas grand monde, et celui plus prisé de massages shia tsu.

Mais quelle est cette charmante retraitée au t-shirt qui ne passe pas inaperçu ?

C'est Danièle, avec qui j'ai souvent discuté par email, et dont j'ai à maintes reprises lu la prose, mais que je n'avais jamais rencontrée.
Je suis allée voir si Sonia profitait des jeux...
Pas de problème !

De retour sur le stand, j'ai rencontré Pierre avec qui nous avons longuement discuté des personnes qui jeûnent derrière l'assemblée nationale afin d'interpeller les députés.
Après un rapide tour à la brocante, où j'ai retrouvé pour un euro le jeu "Patatra" auquel je jouais enfant, je suis rentrée à la maison.

L'ipomée, belle d'un jour s'était refermée. La baleine s'était dégonflée...
Le soleil aura finalement été très présent et la journée très réussie !

05 septembre 2010

Un grand bol d'air

Avant ce 4 septembre 2010, l'atmosphère commençait à devenir irrespirable en France, un peu comme à Moscou, lorsque les incendies ont enveloppé la ville de fumée cet été.


J'ai découvert le discours sécuritaire de Grenoble à l'aéroport de Montréal, dans un quotidien local "Le Soleil". Quelques semaines plus tard, j'ai lu dans le train un numéro du Courrier International "Xénophobie, la France épinglée par la presse internationale".

On pouvait y lire par exemple sous la plume de John Lichfield (The Independant) :
Racistes, les Français ? Non, mais ils se laissent regrettablement manipuler par des slogans et des formules aussi xénophobes que simplistes.


Pour échapper à l'ambiance, quoi de mieux qu'un grand week-end à la campagne ? Dimanche dernier, je suis retournée à la foire de la Balme, comme dans mon enfance. A l'époque, nous y allions à pied, le samedi matin pour voir les chevaux et autres bestiaux et le dimanche pour récupérer des bibelots ou autres échantillons distribués gratuitement par les commerçants.


J'y avais emmené Sonia il y a deux ans, et elle avait envie de retourner sur l'aire foraine, glisser en haut d'un toboggan géant.
Elle a découvert les chenilles, avec le tunnel... C'est tout de même autre chose que le manège avec les drapeaux du jardin d'acclimatation ! Pendant ce temps, je ne pouvais qu'admirer les magnifiques véhicules... Sans les gens du voyage, qui se serait arrêté dans les petits villages de la Bresse Bourguignonne pour divertir les enfants que nous étions ?


Les commerçants de St Germain du Bois faisaient des rabais à l'occasion de la Balme. Aujourd'hui, je ne pense pas qu'ils y soient. Les T-shirts qui coûtaient autre-fois 10 francs, coûtent aujourd'hui 10 euros, ce qui n'est plus vraiment une affaire. La crise est passée par là.  Bien sûr, tout n'était pas rose, et nos parents nous mettaient en garde "attention de ne pas te perdre", "il y aura plein d'étrangers"... Il y avait aussi des rumeurs qui circulaient et les jeunes filles n'étaient pas encouragées à se rendre seules au bal du samedi soir !

En revanche, c'était évident que si certains individus étaient douteux, ce n'était pas le cas de tous les occupants des caravanes qui arrivaient sur le champ de foire la semaine précédent la fin des vacances. Impatients, nous faisions des ballades en vélos les jours avant la foire "pour voir" combien étaient déjà là.

La  promenade à Paris de ce samedi a eu le même effet que la foire de la Balme de mon enfance... amener beaucoup de joie pour attaquer la rentrée dans la bonne humeur. 


La manifestation du matin et les retrouvailles avec Nadia, puis l'incroyable foule à République l'après-midi m'ont remis du baume au coeur. Oui, il faut descendre dans la rue, même si l'on pense que cela ne sert à rien face à ce gouvernement autiste, aidée par une presse à son service.


Le cortège devait partir à 14h. Nous sommes arrivées à 15 heures. La place de la République était encore noire de monde. Nous nous sommes glissées dans le cortège, derrière le camion du NPA.

Sonia m'a conseillé de voter pour eux aux prochaines élections, car ils sont quand même gentils de faire monter les enfants sur leur camion !



Un peu plus tard, nous avons dépassé le cortège par les trottoirs. Nous avons trouvé les ballons Enseignement Supérieur - Recherche avant d'arriver à Bastille.


La place était prise d'assaut par des militants. Le 4 septembre 1870 marque le début de la IIIième république. Quelle place donne-t-on aux citoyens Français aujourd'hui ?
Ont-ils le pouvoir de s'exprimer dans la rue et d'être entendus ?




Un peu après la place de la Bastille, nous avons rejoint Nadia dans un café. Nous avons parlé de la foire de la Balme et de Saint-Germain-du-Bois, des maisons de nos parents, de la politique telle que nous la percevions...


Nous avons rejoint le cortège place de l'hôtel de ville, où l'ambiance était à la fête avec quelques djembés.


L'arrêt à la Maison de l'Astronomie avant de reprendre le RER à Chatelet s'est imposé.
Dans le bus 06-03, il y avait d'autres militants Ulissiens ! Tout le monde était à cette manif ! Très chouette journée, vraiment !