08 avril 2007

Silence au Luxembourg !


En ce beau dimanche de Pâques, nous sommes allées nous balader au Jardin du Luxembourg. Beaucoup d'autres touristes avaient eu la même idée. On y entendait des tas de langues différentes. Des petits parisiens blonds aux beaux habits guidaient des bateaux. Dans un bac à sable, une petite fille modèle tapait sur tous les autres enfants avec sa pelle... jusqu'à ce qu'un garçon plus jeune la fasse tomber et que ça grand-mère intervienne elle est petite !

Sous le kiosque, un jeune homme avait sorti son saxo. Nous nous sommes approchées. La musique venait de s'arrêter et le musicien a rangé son instrument suite à une discussion avec deux gendarmes.

Nous sommes descendues vers Port-Royal. Sur les pelouses, il y avait plein de monde, certains mangeaient, d'autres lisaient, d'autres restaient allongés côte à côte. Assis en cercle, une dizaine de personnes ont commencé à chanter pendant que deux dansaient ! Chouette, de la capoera ! La foule s'est rapidement assemblée tout autour.
Soudain, elle s'est mise à siffler, à huer le gendarme qui expliquait qu'il était possible de danser... mais en silence !
Les chanteurs se sont arrêtés. Un quart d'heure plus tard, certains ont commencé à frapper des mains pour donner le rythme aux danseurs... Un peu plus tard, les chants ont recommencé...

Les Ulis seraient-elles une utopie, une ville où les enfants chantent dans les rues et où les djembés résonnent au Parc Nord ?

07 avril 2007

Vais-je oser Bové ?

Suite à un message de Pierre contenant un lien vers un tract de José Bové, je viens de tomber sur un article sur les logiciels libres, une utopie qui marche selon Bové !

Sur ce point, il a raison. Alors que beaucoup d'informaticiens ont bien ri en voyant que le pacte écologique de Nicolas Hulot n'était pas visible sous Linux, c'est génial qu'un candidat prenne position sur ce thème et souhaite l'étendre à d'autres domaines que l'informatique.

Il a le mérite de prendre clairement position. Ca change des candidats classiques. Même Bayrou qui se dit anti-système, donne des non-réponses "ça dépend" sur le site du comité de soutien des Ulis.

Je ne sais toujours pas pour qui je vais vôter... Je sais juste qui je ne veux pas voir président... J'ai signé l'appel citoyen parce que ça ne me dérangerait pas du tout qu'il soit président, contrairement à 3 autres sur les 12...

04 avril 2007

Intégration

Ces jours-ci, le débat pour la présidentielle se déroule aussi sur la porte de mon ascenseur. Chacun son style...


J'ai vu aujourd'hui le film "France Terre d'écueil" de Bruno Delelis. Il a été réalisé en 2003. Il montre que les politiques d'immigrations ne varient pas beaucoup d'un parti à l'autre. Lors de son arrivée au pouvoir en 1981, la gauche n'a pas abrogé les lois Pasqua.
Le même piège que celui de la circulaire Sarkozy s'était refermé sur les sans-papiers venus se faire régulariser. Une fois qu'ils avaient donné leur adresse, c'était plus facile de les attraper.

Les tirailleurs sénégalais ont brûlé leurs papiers après la guerre, par peur d'être de nouveau appelés. Leurs petits-fils ne peuvent pas les utiliser pour demander à séjourner en France.

Un ancien colonel explique à mon avis très justement qu'il vaut mieux accueillir un africain en France et lui permettre de travailler, plutôt que de fournir une aide au développement dont les populations locales ne verront jamais la couleur.
L'africain enverra de l'argent au pays, à sa famille, à son village. C'est ainsi que des écoles ont pu être construites, le donateur ayant le pouvoir de surveiller où va son argent, puisque c'est le sien.

Le film mettait l'accent sur les peines d'emprisonnement de 3 mois à un an pour des sans-papiers qui n'avaient commis aucune faute. Tout ça semble vraiment injuste.

Suite au débat, des "jeunes majeurs sans papiers" ont lu quelques textes. Ils sont arrivés légalement en France en étant inscrits sur le passeport de leurs parents. A leur majorité, on leur demande de retourner dans un pays qu'ils ont quitté depuis plusieurs années.

Leur prose montrait une maîtrise de la langue française sans doute supérieure à la mienne. Pourquoi ne pas les laisser étudier ici ? A quoi bon pleurer ensuite sur le déclin de la francophonie ?

Le concept d'intégration fait partie du débat présidentiel. Mais au lycée, j'ai appris à intégrer des fonctions... Mathématiquement, cela revient à ajouter. Pour les politiques, cela reviendrait plutôt à converger vers une limite commune couleur bleu-blanc-rouge.

Un bon exemple de la difficulté d'intégration est celui des enfants sourds. Ils ont une langue : la langue des signes. Elle est reconnue par l'état français. Les intégrer signifie les inscrire dans une école classique où beaucoup de choses sont basées sur la parole. Le résultat est souvent désastreux. Ils ne peuvent pas apprendre à lire et à écrire et n'ont pas accès à la culture française. La solution est d'avoir un interprète qui leur explique en langue des signes ce que disent les enseignants. Des écoles bilingues existent et ont montré leur intérêt (voir la pétition sur http://appel.lsf.free.fr).

On ne peut pas intégrer sans s'ouvrir aux autres cultures et les ajouter à la nôtre. C'est tellement enrichissant pour chacun !