29 septembre 2006

Khazra

La semaine dernière, vers 16h, deux hommes en civil ont sonné au portail de l'école maternelle des Avelines 3 aux Ulis et ont demandé à voir la directrice. Ils venaient l'informer que deux petites filles et leurs parents étaient à l'aéroport d'Orly en partance pour le Pakistan.


Quand j'ai entendu le mot "Pakistan", je me suis souvenue d'une sortie d'école en juin dernier. J'étais venue chercher Sonia à 16h30. Une fois le portail de l'école franchi, Sonia est allée s'asseoir à côté de Khazra qui prenait son goûter accompagnée de sa grande soeur. Elles ont échangé des sourires. J'ai entamé la conversation avec la maman qui tenait une poussette :
- "Elles s'entendent bien !
- Oui !
- De quel pays êtes vous originaire ?
- Du Pakistan
- C'est un grand pays. Mon frère l'a traversé pour aller en Inde.
- Et elle est d'où ? a demandé la maman en regardant Sonia.
- Son père est du Burkina Faso."

Nous sommes reparties chacune de notre côté. J'aurai voulu lui dire tout ce que Khazra a apporté à Sonia et la remercier... mais après nous être croisées toute l'année dans la salle de classe, après avoir échangé souvent des salutations, ce n'est pas facile d'aller plus loin.

Sonia a tenu correctement son crayon pendant les vacances de Noël, sans doute suite aux remarques "d'une grande de primaire" qui s'était moquée d'elle. Quelques semaines plus tard, je lui ai fait remarquer "tiens, sur ton dessin, on dirait un S, tu veux écrire Sonia ? Qu'est-ce qui vient après ? 0 !". Elle a ainsi écrit son prénom toute seule, sans que je lui tienne la main. Miracle ?

Les jours suivants, j'ai récupéré des dessins faits à l'école avec le prénom écrit de temps en temps de gauche à droite, de droite à gauche, ou en miroir. En déposant Sonia le matin, j'ai remarqué qu'une petite fille remplissait sa page avec son prénom "KHAZRA" écrit systématiquement dans le bon sens. Impressionnant !
L'enseignante m'a dit qu'il y avait 5 ou 6 enfants de petite section à savoir écrire leur prénom; que c'était rare à cet âge là.

Un soir Sonia m'a demandé "Dis maman, comment est-ce que l'on écrit Khazra ?
- Euh, je ne sais pas, je vais voir sur la photo de classe."

J'ai recopié les lettres "K H A Z R A"... Hum, c'est difficile !

Quelques jours plus tard, alors qu'elle était très fatiguée, elle s'est mise à pleurer après l'histoire du soir "Je ne veux plus aller à l'école. On fait des choses trop compliquées...
- Quoi ?
- J'arrive pas à écrire le prénom des copines !
- Mais ce n'est pas la maitresse qui dit de faire ça.
- Non !
- Et il y a des copines qui savent écrire ton prénom ?
- Oui Khazra..."

J'en ai parlé à l'enseignante qui m'a alors expliqué que les filles de la classe jouaient à celle qui écrirait le plus de lettres, tout en sachant que ce n'était que du dessin pour l'instant. Elles ne faisaient que recopier un motif.

J'ai rassuré Sonia en faisant l'éloge de la différence. Toi aussi, tu sais certainement faire des choses que Khazra ne sait pas faire. Elle ne savait peut-être pas ce qu'était une éclipse avant que tu l'expliques à toute la classe. Mais je sentais toujours une espèce de frustration...

En ce début d'année scolaire, en classe de moyenne section, Sonia a commencé par faire des H sur les dessins que je récupérais le matin dans son casier. H comme dans Khazra ?

"Les dossiers des sans-papiers seront examinés au cas par cas" ai-je entendu à la TV. Quelle meilleure preuve d'intégration que cette petite fille calme qui encourage ses copines à écrire les lettres de notre alphabet ? Le père, qui a un emploi, peut rester en France, mais ni les enfants, ni la mère. C'est révoltant !
Quelle administration, quel juge peut être aussi inhumain au point de séparer une famille ?
Khazra aura-t-elle le droit d'aller à l'école au Pakistan ?

Tout cela me semble à la fois triste et injuste.

25 septembre 2006

CosmicCourrier

CosmicConnexion sera diffusé le 30 septembre.

J'ai eu la chance de le voir "avant tout le monde"... Sur 160 minutes d'émission, il y a forcément des choses à redire. Il est impossible que chacun se reconnaisse dans ce portrait.

Il comporte beaucoup d'humour, des passages très beaux, d'autres moins... Honte à moi, je ne connaissais pas la chanson "Respire" de Mickey 3D... cependant je pense qu'il y a un décalage entre les images et les paroles (question de Sonia, 4 ans : maman, ça veut dire quoi, "mourir de rire" ? En imaginant qu'un E.T. reçoive cette émission, arrive à la décoder, à apprendre le français... je pense qu'il aura aussi du mal à comprendre ce concept...)

Je crois qu'il ne faut pas se prendre la tête sur la question "est-ce que l'on peut envoyer ça à des E.T. ?", mais le voir comme une réflexion "philosophique" (c'est un grand mot), sur comment nous percevons l'humanité, qu'est-ce que vous, moi, d'autres ont à dire à E.T. ?

Ce message est une sorte de "fuite technologique" intentionnelle. Si l'on compare à toutes les autres fuites technologiques (les émissions TV)... le niveau est très haut. Le programme est éducatif (même pour un enfant de 4 ans). Il y a des réflexions intéressantes (celle de Doug Vakoch qui dit qu'un message doit à la fois présenter l'humanité sur ce que nous avons en commun, mais qu'il faut surtout montrer nos différences).
Je ne pense pas que cette émission ait le temps de montrer les différences, si ce n'est par quelques clichés et la mosaïque de cosmi-courriers. Mais il est clairement dit "ce message est envoyé de l'hémisphère nord où... nous sommes comme ça... ce qui n'est pas le cas ailleurs."

Son intérêt par rapport aux projets SETI est évident : il ouvre le débat sur "qui sommes nous ?" Quelles photos de familles voulons-nous envoyer ?

Bref, globalement, je trouve ça très chouette...



Quelques liens :

- Forum Boinc

- Arte

21 septembre 2006

A l'écoute des planètes


J'ai passé les deux dernières nuit à dévorer le livre de Florence Raulin-Cerceau A l'écoute des planètes.

J'y ai appris des tas de choses. On m'a souvent demandé d'où venait mon intérêt pour SETI. Au début du livre, Florence présente le code morse. Enfant, je l'avais appris grâce à mon père qui avait fait son service militaire dans les communications. Je me souviens vaguement l'avoir utilisé avec une lampe torche dans la nuit. Il doit peut-être y avoir du morse sur mes cours de collège, histoire de combler l'ennui ou de passer des messages aux copains/copines.
C'est drôle de voir des éléments de son passé resurgir ainsi. Florence mentionne a plusieurs reprises l'abbé Moreux. C'est le professeur Duglo Bulle qui m'avait fait découvrir ses ouvrages. Souvenirs, souvenirs... de brocante, de conventions de science-fiction où les vieux livres dont il fallait déchirer les pages sont autant de trésors.

En refermant "A l'écoute des planètes", je me suis dit qu'il faudrait que je lise Charles Cros, Robida, que je redécouvre Jules Verne...

C'est intéressant de se replonger dans un temps où l'on essayait de communiquer vers les planètes voisines, où l'on pensait que la vie pourrait y être possible, puisqu'elle l'est sur la Terre, planète moyenne dans le système solaire. Nous utilisons le même principe de médiocrité à l'échelle galactique aujourd'hui...

Florence rend un vibrant hommage à Jean Heidmann. Je pense qu'il n'y a pas eu d'ouvrage publié sur SETI depuis sa disparition. De plus, je n'ai rien lu sur SETI qui englobe aussi bien l'histoire des tentatives de communication et la science-fiction.

19 septembre 2006

Blog blog blog

Marie-Pierre avait déclaré, il y a quelques années, que le Blog devenait la seule vraie littérature. C'était l'époque où l'on trouvait les premiers journaux intimes. Depuis, beaucoup d'encre a coulé... ou plutôt beaucoup de textes ont été tapés. Le blog est devenu un moyen de publication au jour le jour utilisé aussi bien par des ados, des politiques, que des professionnels de la communication, comme la société Imarginal.

Seth Shostak publie aussi sur Blogger : THE ALIEN CONTACT.

14 septembre 2006

Sankara

Sur la Liste Burkina, Bruno Jaffre a envoyé un lien vers le texte de la pièce Mitterrand et Sankara de Jacques Jouet.

Monsieur le Président, je vous fais un discours
Et je puis vous promettre : il ne sera pas court.
J’avais confectionné des mots diplomatiques,
je veux m’en écarter. La vérité pratique
demande la franchise et l’improvisation,
un peu de théorie et beaucoup de passion.
Oh, je ne ferai pas de scène de ménage
à la France en visite… à moins qu’en son bagage
elle charrie encore un lot de vieux démons,
cachés perfidement au sein de ses sermons.

Le dernier numéro du Journal du CNRS contient un article intéressant.
Il n'empêche. Le spectre de la décolonisation n'en finit pas de revenir et de générer un faisceau de mauvaise conscience sur le projet francophone. « Il manque cruellement de livres sur la colonisation, écrits à plusieurs mains, afin de passer d'un passé qui divise à un futur qui rassemble, reconnaît Dominique Wolton.

11 septembre 2006

Evolution


Les pigeons grandissent à vu d'oeil. Ils savent même faire quelques pas.
Ils bougent quand je me déplace sur le balcon, mais n'ont pas du tout peur de Sonia.

06 septembre 2006

Retour de vacances


Ah... Le retour aux Ulis, la ville à la campagne...

Les étournaux ont recommencé leur spectacle annuel, ce qui n'est pas déplaisant vu du quinzième étage.

Nous avons eu la tristesse de constater la naissance de deux affreux bébés pigeons sur le balcon... en entendant des coui-coui alors que j'arrosais les oeillets d'inde, ou du moins ce qu'il en restait au retour des vacances.

L'année dernière, j'avais déjà supprimé deux oeufs sur l'autre balcon. Le couple de pigeons (un roux et un gris) avaient fait leur nid sous une planche de bois posée contre un mur. Le nid était bien visible.
Cette année, les mêmes oiseaux étaient revenus, mais disparaissaient aussitôt qu'ils entendaient le bruit de l'ouverture de porte. J'avais bien jeté un oeil dans les coins... au cas où mais n'avait rien remarqué.
Les petits se trouvaient sous un jouet en plastique (une balançoire en forme de limace) que j'avais posée sur un panier contenant des sacs de terreaux. Ils n'ont pas eu vraiment besoin de faire le nid...

André compare les pigeons à des rats avec des ailes... Ce n'est peut-être pas si faux. Pour l'instant, Sonia leur fait des gâteaux de sable... mais je n'ai aucune envie qu'ils passent le reste de leur vie à faire des aller-retour sur le balcon.